État des lieux de sortie : le guide anti-litiges

🗓 À jour 2026 — contenu juridique vérifié le 8 juillet 2026. Indices, plafonds et textes évoluent : les repères donnés sont ceux en vigueur à cette date.

Réponse rapide : l’état des lieux de sortie n’est pas une inspection libre : c’est une comparaison, ligne à ligne, avec l’état des lieux d’entrée. Seules les dégradations qui n’y figuraient pas peuvent vous être imputées — jamais l’usure normale (vétusté), qui reste à la charge du bailleur. Il se fait contradictoirement (les deux parties présentes ou représentées), gratuitement, à la remise des clés ; en cas de désaccord persistant, un commissaire de justice l’établit, frais partagés par moitié.

Préparer la sortie : ce qui rapporte vraiment

Reprenez l’état des lieux d’entrée une semaine avant : tout défaut qui y est noté est votre bouclier. Remettez en état ce qui vous incombe : trous de cheville rebouchés et raccords faits, joints nettoyés ou remplacés, ampoules en place, ménage complet (la « propreté » se compare aussi à l’entrée). Photographiez tout, pièce par pièce, photos datées, logement vide — plus les relevés des compteurs (eau, électricité, gaz), notés au document. Restituez toutes les clés, badges et télécommandes : leur remise marque le point de départ du délai de restitution du dépôt. Le rétroplanning complet est dans notre checklist déménagement.

La vétusté, votre alliée juridique. Peintures ternies par les années, moquette usée par un usage normal, joints vieillis : c’est l’écoulement du temps, pas une dégradation — non facturable. Une grille de vétusté (annexée au bail ou choisie parmi les grilles d’accords collectifs) chiffre l’abattement selon l’âge des équipements : peinture amortie sur 7 à 10 ans, moquette sur 7 ans… Après 8 ans d’occupation, une peinture d’origine se refait aux frais du bailleur. Exigez l’application d’une grille dès qu’une retenue « remise en état » apparaît — le détail des contestations est dans retenues sur dépôt.
Trois erreurs qui coûtent cher. ① Signer un document mentionnant des dégradations que vous contestez « pour en finir » : signez avec réserves écrites précises, ou refusez et passez au commissaire de justice. ② Rendre les clés « dans la boîte aux lettres » sans état des lieux : le bailleur pourrait décrire seul l’état du logement. ③ Laisser des meubles ou des déchets : leur enlèvement sera facturé, justificatifs faciles à produire pour le bailleur. En revanche, l’absence d’état des lieux de sortie du fait du bailleur joue contre lui : il est alors présumé avoir reçu le logement en bon état… de rendu conforme.
💡 Le jour J, en pratique : prévoyez 45 minutes à 1 h, lumière du jour, logement vide et propre. Relisez chaque ligne avant de signer, faites préciser tout terme vague (« état moyen » ne veut rien dire : exigez la description du défaut), vérifiez les relevés de compteurs, et repartez avec votre exemplaire signé — ou le refus documenté. Transmettez enfin, par écrit, votre nouvelle adresse : sans elle, la restitution s’enlise légitimement.

FAQ — état des lieux de sortie

Le bailleur veut facturer l’état des lieux de sortie : légal ?

Non : l’état des lieux de sortie amiable est toujours gratuit pour le locataire (seul celui d’entrée par agence est plafonné à 3 €/m²). Ne se partage que le coût du commissaire de justice en cas de désaccord.

Puis-je me faire représenter ou assister ?

Oui : un tiers muni d’un mandat écrit peut vous représenter, et rien n’interdit de venir accompagné (témoin). Utile quand le départ précède la fin du préavis.

Il n’y a jamais eu d’état des lieux d’entrée : que se passe-t-il à la sortie ?

Sans état des lieux d’entrée, vous êtes présumé avoir reçu le logement en bon état… sauf si le bailleur a fait obstacle à son établissement — auquel cas la présomption s’inverse. Vos photos d’emménagement retrouvent alors toute leur valeur.