Visite du propriétaire : ce qu’il peut faire — et ce qui est interdit

🗓 À jour 2026 — contenu juridique vérifié le 8 juillet 2026. Indices, plafonds et textes évoluent : les repères donnés sont ceux en vigueur à cette date.

Réponse rapide : le logement loué est votre domicile : le bailleur ne peut jamais y entrer sans votre accord — même avec un double des clés, même « pour vérifier », même en votre absence. Y pénétrer sans autorisation est une violation de domicile (1 an d’emprisonnement, 15 000 € d’amende). Ses seuls droits d’accès : les visites de relocation ou de vente pendant un congé (2 heures maximum par jour ouvrable, créneaux à convenir) et l’accès nécessaire aux travaux — organisé, jamais imposé unilatéralement.

Ce que le bailleur peut / ne peut pas

Situation Règle
« Visite annuelle de contrôle » ❌ Aucun droit de visite périodique n’existe — clause abusive, réputée non écrite
Entrer avec son double de clés ❌ Jamais sans votre accord exprès : violation de domicile
Visites pour relouer ou vendre ✅ Pendant le préavis : 2 h/jour max, jours ouvrables — dates et créneaux convenus, pas imposés (les dimanches et votre absence ne se décrètent pas)
Accès pour travaux (urgents, décence, amélioration) ✅ Vous devez permettre l’accès, mais les modalités (dates, horaires) se conviennent ; travaux > 21 jours = réduction de loyer (voir réparations)
Exiger vos codes, caméras dans le logement ❌ Atteintes à la vie privée
État des lieux, diagnostics obligatoires ✅ Sur rendez-vous convenu — comme l’état des lieux de sortie
Les clauses abusives à repérer dans le bail. « Le bailleur pourra visiter le logement une fois par an », « le locataire laissera libre accès en son absence », « remise d’un double des clés à l’agence pour visites » : ces clauses sont réputées non écrites (article 4 de la loi de 1989) — inutiles à contester en justice, vous pouvez simplement ne pas les appliquer. Signalez-le par écrit avec courtoisie : la plupart des bailleurs ignorent sincèrement la règle.
💡 Gérer les visites de fin de bail sans conflit. Proposez par écrit une grille de créneaux (par exemple 2 créneaux de 2 h par semaine, en votre présence ou celle d’un proche), exigez la liste des visites prévues, et rappelez la limite légale si la pression monte. Le refus de tout accès pourrait vous être reproché (obligation de bonne foi pendant le préavis) — la coopération encadrée est votre meilleure position. Et changez le cylindre à vos frais si le doute s’installe : c’est permis, à condition de remettre la serrure d’origine (ou les nouvelles clés) au départ.
En cas d’intrusion : constat (photos, témoins, dépôt de plainte pour violation de domicile), LRAR de protestation exigeant la remise de tout double non autorisé, et si le trouble persiste : juge des contentieux de la protection (cessation sous astreinte, dommages-intérêts). L’intrusion répétée peut aussi justifier une résiliation aux torts du bailleur — avec dommages-intérêts pour trouble de jouissance. Le point complet sur vos protections figure dans le hub droits du locataire.

FAQ — visite du propriétaire

Le bailleur peut-il garder un double des clés ?

Rien ne l’interdit — mais le détenir ne l’autorise à rien : toute entrée sans votre accord reste une violation de domicile, urgence absolue exceptée (incendie, fuite majeure menaçant l’immeuble, avec pompiers de préférence).

Je refuse les visites le samedi : en ai-je le droit ?

Oui : la limite légale vise les jours ouvrables, et les créneaux se conviennent. Proposez des alternatives en semaine — le refus de principe de tout créneau serait en revanche critiquable.

L’agence a fait visiter pendant mes vacances « pour aller vite » : quels recours ?

Violation de domicile caractérisée, même mandatée par le bailleur : plainte possible, protestation LRAR aux deux (agence et bailleur), et dommages-intérêts envisageables. Exigez par écrit qu’aucune visite n’ait plus lieu hors votre présence ou accord.